dimanche 7 avril 2013

Courtney Crumrin, de Ted Naifeh

Série : Courtney Crumrin
Auteur : Ted Naifeh
Editeur : Akileos

Date de publication : de 2009 à 2013
Couverture :

Nombre de tomes sorti : fini en 6 tomes
Prix : 13,00 euros le volume

Biographie auteur : (source : babelio.com)

Ted Naifeh est un dessinateur de comics. Il est l'auteur entre autres de Courtney Crumrin et de Polly et les Pirates. La première série Courtney Crumrin et les Choses de la Nuit a été nommée pour l'Eisner Award de la meilleure série limitée en 2003 de même que la seconde, Courtney Crumrin et l'Assemblée des Sorciers, pour l'Eisner Award de la meilleure série jeunesse en 2005. Il vit à San Francisco.

Synopsis :

Courtney Crumrin déménage. Et ce n'est pas fait pour lui faire plaisir. Après avoir vécu des années au-dessus de leurs moyens, son père et sa mère ont enfin trouvé une solution à leurs difficultés financières. Ils partent en banlieue, dans la maison de leur très riche oncle, le Professeur Aloysieus Crumrin. L'immense manoir victorien du vieux Crumrin ne détonne pas dans le quartier huppé de Hillsborouh.
Toutefois, Courtney va bientôt découvrir que l'oncle Aloysius a une sinistre réputation et que de sombres rumeurs courent sur lui et sa maison. Et, bien que cet arrangement donne à ses parents l'apparente ascension sociale qu'ils désirent tant, Courtney a pour sa part l'impression d'atterrir en plein cauchemar. Un cauchemar où elle se voit rejettée par ses camarades de classe plus aisés. Et comme si ça ne suffisait pas, le vieux manoir poussiéreux semble abriter des créatures encore plus étranges que son père, sa mère ou l'oncle Aloysius. Elles rampent dans les couloirs sombres. Elles rongent des os dans les coins. Et parfois, elles grimpent sur le lit et observent Courtney pendant qu'elle dort. Son père et sa mère ne les remarquent même pas, mais l'oncle Aloysius sait tout sur elles. Il les appelle..."Les Choses de la Nuit".

Critique :

                Je n’avais pas prévu de reparler comics avant un certain temps, mais j’ai découvert hier la sortie du sixième et dernier volume de Courtney Crumrin, et donc je me suis précipité dessus, tout simplement car pour moi, il s’agit d’une des séries incontournable qui nous vient d’Outre-Atlantique.

                Bon, déjà, vous remarquerez qu’il ne s’agit pas d’un comics de super-héros. La biographie de Ted Naifeh que j’ai choisi souligne aussi une nomination aux Eisner Awards dans la catégorie jeunesse. Je ne réfute pas cette possible catégorisation, et j’incite même les parents qui me lise à faire lire la série à leurs enfant (je ne saurais dire à partir de quel âge), mais punaise, quel que soit votre âge, lisez Courtney Crumrin.

                La particularité de cette série ? Une héroïne, Courtney, vraiment pas comme les autres, montrant une fillette dans toutes ses faces, cruelle, attendrissante, cynique, etc. Une enfant, une vraie, dans tous ces états, pas un personnage lisse en tout cas. Ensuite, il y a bien évidemment un paquet d’autres qualités. Le décor fantastique est je trouve extrêmement délectable, bien servi par un dessin noir et blanc au couteau qui souligne bien l’ambiance. Et on trouve un humour que j’apprécie particulièrement, qui ne vous fera pas éclater de rire, mais plutôt qui vous fera ricaner d’un rire mauvais. Le fait aussi de donner à chacun une personnalité particulièrement complexe permet un tissage relationnel plus affiné et réaliste.

                Pour conclure en beauté, je dirais que si vous n’avez pas lu Courtney Crumrin, ben c’est pas bien -_-‘.

Note : 9/10
Un must fantastique venu d’Outre-Atlantique. A dévorer d’une traite.

Aberdeen by Cage the Elephant on Grooveshark

vendredi 5 avril 2013

Jusqu'à ce que la mort nous sépare, de Hiroshi Takashige et Double-S

Série : Jusqu’à ce que la mort nous sépare
Auteur : Hiroshi Takashige et Double-S)
Editeur : Ki-oon

Date de publication : depuis 2009
Couverture :

Nombre de tomes sorti : 17 tomes
Prix : 7,65 euros par volume

Biographie auteur : (source : babelio.com)

Hiroshi Takashige est un scénariste de manga. Il est connu pour son œuvre Spriggan (1989-1996). En 1996, il était invité d'honneur avec le dessinateur de Spriggan, Ryōji Minagawa dans une convention dédiée aux comics au Portugal. Ils ont tous les deux ensuite travaillé sur Kyo. Il travaille actuellement sur Jusqu'à ce que la mort nous sépare.
Double-S est le dessinateur de la série. Des mini-séries qu’il rajoute en fin de volume, on sait que c’est un fan de métal, de jeux vidéo et de motos.

Synopsis : (source : manga-sanctuary.com)

La jeune Haruka Tôyama possède un pouvoir singulier, celui de prédire l’avenir avec une précision de 90%. Ce don fait d’elle une proie pour les organisations mafieuses et les grands groupes industriels de tout le pays, qui veulent l’exploiter pour leur propre compte. Alors qu’elle essaie d’échapper à ses ravisseurs, elle croise un aveugle dans la rue. Elle le comprend aussitôt : cet homme est le seul à pouvoir lui sauver la vie…

Critique :

                Thriller à moitié d’anticipation avec une touche infime de fantastique, Jusqu’à ce que la mort nous sépare s’affirme comme une des séries phare des éditions Ki-oon avec dix-sept volumes sorties d’une qualité très intéressante. Très orienté sur les technologies de pointes et le combat en milieu urbain, il se trouve que j’ai un peu de mal à rendre justice à cette excellente série.

                Ce que j’en retiens, c’est un style graphique épuré, des scènes de combat très sympa, une intrigue avec des ramifications variées et profondes, un fil conducteur fantastico-scientifique sympathique, des personnages sympathiques, etc. Il y a un tas d’ingrédients pour vous rendre accroc à ce seinen. Jamais en dix-sept volumes ne me suis-je ennuyé. Ce n’est pas la série la plus originale en soi, mais elle utilise parfaitement ces propres arguments, sans surenchères. 

                  Voilà, je racle un peu les fonds de tiroirs en ce moment, mais c'est que je lis un beau pavé très prenant dont je vous reparlerais d'ici un petit mois.

Note : 8/10
Pas de génie, mais un très bon manga malgré tout. A dévorer.
Karma Police by Radiohead on Grooveshark

mardi 2 avril 2013

Rien ne nous survivra, de Maïa Mazaurette

Titre : Rien ne nous survivra ; Le pire est avenir
Auteur : Maïa Mazaurette
Éditeur : Folio SF
Date de publication : 1er Septembre 2011
Couverture :
 Illustrateur : Hervé Leblanc
Pages : 372
Prix : 7.50€

Biographie auteur : (source : izneo.com)

          Maïa Mazaurette est née en 1978 à Paris. Co-scénariste de Péchés Mignons 3 et 4, elle est également écrivain, journaliste et bloggeuse. Après ses études de journalisme, elle collabore à de nombreux titres de presse et acquiert une notoriété certaine. C'est avec humour, fantaisie et impertinence qu'elle se lance dans l'aventure de Péchés Mignons. Maïa écrit aussi des fictions et des essais, on la retrouve notamment en compagnie d'Arthur de Pins dans les ouvrages suivants ; L'Anti-Kamasutra à l'usage des gens normaux, Le Guide du râteau chez Fluide Glacial, La Revanche du clitoris, Peut-on être romantique en levrette ? à la Musardine. Elle habite Berlin, d'où elle tient son blog Sexactu.  

Synopsis :

          Les jeunes ont rasé Paris, ont renversé les fondamentaux de notre société ; les jeunes ont osé briser les plus délicieux des tabous : tuer les vieux. Tous les vieux. À partir de vingt-cinq ans. Laissez les Théoriciens vous expliquer pourquoi.
          Dans cette atmosphère de guerre civile, de poudre et de béton calciné, deux snipers émergent : Silence, l'idole que les jeunes suivraient en enfer, et l'Immortel, qui compte bien faire vivre l'enfer à Silence. Quel meilleur terrain de chasse que les toits parisiens ?
          Avec un cynisme mordant, un humour corrosif, Rien ne nous survivra propose une variation sur notre société actuelle, tout en piétinant les présupposés de notre morale. Car au jeu de l'intolérance jeunes/vieux, qui a commencé ?
          Le roman a reçu le prix Imaginales des lycées en 2010.

Courts extraits :

L'Immortel. « Tuer des vieux demande un certain talent. C'est tout le charme de cette guérilla – l'utilité n'est plus à démontrer. Je savoure vraiment cette interaction chasseur-victime, j'y retrouve un instinct essentiel. C'est venu dès la première fois, il y a deux ans, quand tout ce bordel a commencé. Disons que dans ma vie, tuer des vieux a remplacé le football. Je peux alterner le jeu, le spectacle, je peux même supporter des clans. C'est une activité parfaite. »

Silence. « Mon père. Puis ma mère. L'ordre n'avait pas d'importance.
          Une balle. Puis une balle.
          Dès que ma mère a vu le Glock, elle a su. C'est fou l'instinct maternel. Je l'ai poursuivie dans la cuisine, je l'ai priée d'être raisonnable mais elle pleurait trop pour m'entendre. Sa robe volait autour de ses genoux, la soie verte légère, interrompue par des motifs géométriques et des bouts de phrase sans aucune signification (« je suis une île » – « sexy future » – « 299 route de la plage »). Malheureusement pour elle, les talons hauts sont incompatibles avec une course-poursuite. Elle est tombée, genoux puis hanches puis buste en contact avec le sol, et sa tête a rebondi contre la cafetière. J'ai tiré. Je me souviendrai toujours de cette odeur : Carte Noire commerce équitable. »

Critique :

          Une idée prometteuse ! Réellement, c'est intéressant de voir comment l'auteure réussit à construire son récit autour d'un conflit entre les jeunes/vieux. Dit comme cela, ça peut rappeler un peu la querelle Anciens/Modernes du monde littéraire et artistique de la fin du XVIIe siècle.

          Bref, je m'éloigne du sujet. Le point majeur positif consiste en un concept passionnant. Le lecteur s'interroge avant même de débuter le livre : allons-nous prendre le pouvoir ? Allons-nous enfin écraser nos vieux ? Leur faire fermer leur gueule ? Ici, une très grande place est accordée aux jeunes, il ne faut assurément pas les sous-estimer ! Le début se révèle tout autant captivant, on suit l'avancée d'une révolution en marche, destructrice, catégorique.

          À mon sens, l'histoire s'essouffle quelque peu par la suite. Peut-être parce que l'auteure a décidé d'accorder plus d'importance aux personnages, dans une seconde partie du livre plutôt qu'au principe en lui-même qui aurait mérité un peu plus de développement. Elle parle trop généralement des jeunes, les regroupe un peu tous dans le même lot. On a tout de même quelques distinctions : les moins de treize ans, les plus de vingt-cinq, les jeunes des cités (vaguement). Elle évite de tomber dans les stéréotypes, elle demeure lucide. Ce n’est pas plus mal vous me direz de privilégier les personnages. Certains ont dû probablement s'identifier à eux. Pour ma part, je les trouve un peu trop décalés et mal intégrés au concept, un peu trop superficiels aussi. J'ai eu du mal à ressentir quoique ce soit pour eux. C'est un second point négatif pour le roman je trouve.

          Bref, vous me direz, finalement, je vous fais un gros pavé sur les défauts du livre. Ce n’est pas pour autant que je n'ai pas aimé attention ! L'idée n'est pas seulement ce qui est réussi, il y a aussi l'écriture de l'auteure, et la violence présente qui s'associe parfaitement à cette dernière. Un certain charme, accentué par un comique de situation mis en valeur quand on s'aperçoit que les vieux prennent les armes, et veulent nous écraser, ou encore quand on en vient à parler de leur insouciance, de leur petite vie tranquille, tout à coup perturbée par une jolie balle de sniper en pleine tête ! Headshot, retourne te coucher, bye bye.

          Beaucoup de questions interpellent le lecteur, lui viennent à l'esprit avant, durant, et après la lecture. Est-ce que cet avenir-là est réellement envisageable ? Que vont devenir nos « vieux » dans ce monde ? Quel avenir leur est réservé ? Les jeunes vont-il continuer à prendre de l'ampleur, peut-être un jour jusqu'à un tel point ? Au fil du roman, on adhère finalement à cette toute nouvelle puissance donnée aux jeunes, on en a envie ! Alors certes, il ne faudrait peut-être pas être si catégorique envers les vieux, mais pour autant, on ne peut s'imaginer penser à un monde gouverner par nous, les jeunes !

          Je conseille vivement cette lecture. Vous finirez le livre quoiqu'il arrive, ne vous inquiétez pas. On tient à savoir : mais qui va gagner ? Peut-on assouvir les vieux et les faire ramper à nos pieds ?

Note : 8/10
Attention il n'y a pas d'intermédiaires : une fois la barre des vingt-cinq ans dépassée, vous devez être tués ! Sur ce, bonne survie, ou bon défoulement en rentrant chez vous !

Signé : Eäron Valil

dimanche 31 mars 2013

DMZ, de Brian Wood et Riccardo Burchielli

Série : DMZ
Auteur : Brian Wood et Riccardo Burchielli
Editeur : Urban Comics
Couverture :


Nombre de tomes sorti : 12 tomes (série en cours)
Prix : entre 12,00 et 15,00 euros le volume

Biographies auteurs : (source : babelio.com)

Brian Wood (1972) débute sa carrière d'auteur avec la publication de sa première série, Channel Zero, en 1997. Ce premier récit salué par la critique place d'entrée de jeu Wood comme un auteur à part entière. Sélectionné à de nombreuses reprises par l'académie des Eisner Awards, il occupe aujourd'hui une place importante dans le paysage du comics indépendant. Les travaux les plus notables sont Northlanders, Demo, The New York Five et Local.
DMZ figure bien évidemment parmi ses travaux de références. Brian Wood reçoit à ce titre de nombreuses lettres de soldats américains attestant du réalisme des situations décrites dans les pages de la série. En 2012, Wood lance plusieurs séries originales - The Massive, Moro -, ainsi qu'une adaptation de Conan pour l'éditeur Dark Horse. Il collabore également sur les séries X-Men pour Marvel. Brian Wood vit actuellement avec sa femme et ses deux enfants à Brooklyn.

Riccardo Burchielli est le dessinateur principal de la série DMZ, scénarisée par Brian Wood. Il a fait ses débuts dans le monde de la BD, en 2003, avec la série John Doe. DMZ est le premier comic book de l'artiste italien aux États-Unis.

Synopsis : (source : coinbd.com)

Embourbé dans des guerres à travers le monde qui mobilisent son armée et sa garde nationale, le gouvernement américain a commis l'erreur fatale de négliger la menace réelle que constituaient les milices anti-gouvernementales à l'intérieur des Etats-Unis. Comme un géant endormi, l'Amérique moyenne se soulève et, par la violence, se fraie un chemin d'un bout à l'autre du pays, déclenchant une seconde guerre civile américaine qui s'arrête sur la ligne de front à Manhattan. Ou dans la DMZ, signe désignant la zone démilitarisée. Matty Roth, un photographe stagiaire un peu naïf, accompagne un correspondant de guerre endurci au cœur de la DMZ. Mais la situation tourne à la catastrophe, et Matty se retrouve seul et perdu dans un monde qu'il n'avait vu jusqu'alors qu'à la télévision. Un choix se présente à lui : essayer de trouver un moyen de fuir cette île ou assurer sa carrière avec une mission que lui envieraient la plupart des journalistes. Mais peut-il survivre dans cette zone de guerre assez longtemps pour rapporter la vérité ?

Critique :

                Dernièrement, j’ai tenté de parfaire ma culture comics qui est assez ridicule en-dehors de mes trois séries phares que je présenterais un jour ou l’autre, et donc je me suis lancé dans DMZ parce que j’ai demandé à monsieur le libraire « un truc qui envoie du pâté avec plein de souffrances humaines ». Et donc a atterri entre mes mains DMZ que j’ai trouvé sympathique d’allure générale, sans qu’un premier coup d’œil aux dessins me transcende, et répondant à mes attentes au niveau du synopsis.

                Nouvelle guerre de sécession aux USA, et New-York qui devient une sorte de zone qui forme un troisième camp censé être donc démilitarisé. Un microcosme local se forme dans cet environnement très particulier, et c’est cette faune nouvelle que l’on suit par le biais de Matty Roth, un pauvre stagiaire journaliste fils à papa qui se retrouve par un « heureux » concours de circonstance comme le seul journaliste actif dans la DMZ. Autant dire qu’il va vite apprendre le métier livré un peu avec lui-même. Chaque tome des six premiers que j’ai lu en tout cas aborde une sorte d’investigation de ce dernier.

                Globalement, c’est une bonne série dans le genre, dans une ambiance où ce n’est pas la joie tous les jours. J’avoue ne pas avoir été emballé par le dessin, en plus de quelques intermèdes flashbacks qui sont réalisés par un autre dessinateur et dont le dessin est encore pire, mais au final, c’est pas totalement dégueu non plus, et il y a une certaine richesse dans les arrière-plans qui est appréciable.

                Ce que j’aime vraiment dans cette série, c’est le ton cynique de circonstance avec ce cloisonnement militaire de New-York dans des conditions difficiles. Au final, le plus intéressant ne sont pas les investigations du héros, mais plutôt le décor peint dans chacune de celles-ci. Je dirais que la toile de fond prend le pas sur l’action. Ou plutôt, chaque événement se rapporte à quelque chose de plus globale. Il y a une très grande richesse dans cette série, et les auteurs ont envie de la partager. Mais il manque un petit quelque chose pour faire de DMZ une grande série. Un objectif grandiose à atteindre, ou encore des personnages plus attachants. On reste dans la narration hyperréaliste (selon les militaires américains) d’une situation de guerre urbaine, mais rien ne transcende ce train-train un peu monotone qu’est la dure vie dans la DMZ.

Note : 7,5/10
Une série comics pleine cynisme et de violence comme on (ou moi surtout) les aime. A dévorer de façon sympathique.
    
En espérant que vous puissiez écouter la piste en entier sur Deezer, je n'ai pas trouvé via Grooveshark. Je mets la référence au cas où : Maestro - A War Zone

vendredi 29 mars 2013

Gagner la Guerre, de Jean-Philippe Jaworski

Titre : Gagner la guerre
Auteur : Jean-Philippe Jaworski
Editeur : Les moutons électriques
Couverture :
Illustrateur : Arnaud Cremet
Prix : 28 euros (existe en poche à 12,50 euros)
Pages : 684 pages

Biographie auteur :

Jean-Philippe Jaworski est un écrivain français né en 1969. Après des études de lettres, il est actuellement professeur de lettres modernes à Nancy. Il découvre le jeu de rôles en 1983, et devient l'auteur de deux jeux de rôles amateurs, Tiers âge et Te deum pour un massacre, dont le second aboutit à une édition professionnelle en 2005. Il a publié en 2007 un premier recueil de nouvelles de fantasy salué par la critique, Janua Vera, chez Les moutons électriques et réédité depuis en poche, puis un premier roman, Gagner la guerre, qui remporte le prix du roman francophone aux Imaginales en 2009. Ces deux livres se déroulent dans le Vieux Royaume, un univers de fantasy où la magie est assez peu présente, quoique puissante, et qui puise largement son inspiration dans le roman de cape et d'épée et le roman historique.

Synopsis :

« Je n’ai jamais aimé la mer. Croyez-moi, les paltoquets qui se gargarisent sur la beauté des flots, ils n’ont jamais posé le pied sur une galère. La mer, ça secoue comme une rosse mal débourrée, ça crache et ça gifle comme une catin acariâtre, ça se soulève et ça retombe comme un tombereau sur une ornière ; et c’est plus gras, c’est plus trouble et plus limoneux que le pot d’aisance de feu ma grand-maman. Beauté des horizons changeants et souffle du grand large ? Foutaises ! La mer, c’est votre cuite la plus calamiteuse, en pire et sans l’ivresse. Je n’ai jamais aimé la mer, et ce n’était pas près de s’arranger. »
Don Benvenuto est un maître assassin désormais au service de son excellence le Podestat Leonide Ducatore, dirigeant suprême de la République de Ciudalia. Embarqué sur une galère de la flotte de guerre de son patron et suite à la défaite de l’adversaire Ressinien, Gesufal entreprend le retour vers la République pour apporter la nouvelle de la victoire accompagné du patrice Bucefale Mastiggia. Bientôt, entre les hauts-de-cœurs causés par son mal de mer, l’assassin se rend compte que leur galère est poursuivie par trois autres navires de guerre. Décidément, La guerre semble loin d’être gagnée surtout lorsque l’on sait qu’après les règlements de comptes entre royaumes viennent les règlements de comptes internes. C’est là qu’intervient notre « Gentilhomme »…

Critique :

Je crois bien que ce livre est mon coup de cœur de l'année. On me l'a fait découvrir et au premier abord, la couverture ne me plaisait pas. Et puis j'ai commencé à lire ce bouquin. Dès la première page on est absorbé par l'écriture particulièrement frappante, crue. Et il est vrai qu'arrêter la lecture après une entrée en matière aussi originale et particulière, c'est plutôt difficile. J'ai dévoré ce bouquin car j'adore le style de l'auteur et la richesse de l'intrigue. C'est le genre de tome qu'on commence sans pouvoir discerner la fin, ce qui n'est fait qu'amplifier notre imagination et notre désir.

J'ai réellement était aspiré par ce livre et je ne regrette pas, surtout pas, de l'avoir commencé et fini. On s'accroche également très vite au personnage de Benvenuto et le jeu de mots fait rapidement sourire puisque l'on comprend pourquoi il porte un tel prénom. L'humour est au rendez-vous chez cet auteur. Je vous laisse le lire pour en découvrir plus !

Note : 10/10
La société dans laquelle plonge Benvenuto, et le lecteur avec lui, est tout simplement merveilleuse ! Des descriptions à vous en couper le souffle, des manigances politiques machiavéliques à n'en plus finir et une demoiselle bien charmante !

Signé : Eäron Valil

Seconde critique :

                Je profite de l’avis d’Eäron pour vous reparler de ce monument de la fantasy française que j’avais brièvement abordé dans un Spécial Immanquables. Ma lecture remonte bien déjà à trois ans, mais un souvenir impérissable m’en reste encore, de même que le recueil de nouvelles Janua Vera dans le même monde et qui est pour moi le meilleur recueil qui ne s’est jamais offert à mes yeux. Je n’ai plus qu’une attente, une nouvelle dose de Jaworski qui devrait arriver d’ici l’automne (j’ai bien lu une nouvelle supplémentaire dans le catalogue des Moutons, mais juste de quoi survivre).

                Si je devais faire une comparaison, très probablement abusive pour certains, je rapprocherais Gagner la Guerre du Trône de Fer. Pourquoi ? D’une part, du fait de la densité de l’histoire et de l’écriture. Oui, ce sont des gros pavés qui requièrent un sacré temps de lecture. Mais les deux sont d’immenses fresques, et les deux traitent de jeux de pouvoirs particulièrement machiavéliques, où les personnages de l’histoire en prennent plein la tronche. Autre point de convergence, c’est le fond fantasy historique teinté de très peu de magie. C’est la fantasy en vogue actuellement et sûrement celle que j’aime le plus d’ailleurs. Dans le cas de Gagner la Guerre, c’est légèrement paradoxal puisque Jaworski pêche bien plus dans l’histoire pour établir sa toile de fond gigantesque, et en même temps, c’est celui des deux qui s’accapare le plus quelques figures classiques de la fantasy, comme les elfes par exemple, bien qu’on ne les voit que très peu.

                Mais je ne voudrais absolument pas limiter ce chef-d’œuvre à cette comparaison, certes très flatteuse, mais erronée, notamment au niveau du style d’écriture à cause du filtre de la traduction. L’écriture de Jaworski est incroyablement riche et maitrisée, à un tel point que parfois, il se permet quelques longueurs, peut-être le seul reproche que je me permettrais, et encore, les longueurs collent avec cette volonté de faire quelque chose de monumental. Autre grande particularité, et malgré le fait de personnages foisonnant à tous les coins de rue, on ne suit que le héros d’un point de vue narratif avec une écriture à la première personne du singulier.

                Et c’est là que se parachève le héros, ou plutôt notre anti-héros Don Benvenuto. Car si l’on n’avait qu’une histoire avec une excellente mise en forme et un cadre vertigineux, ça ne me serait pas suffisant pour apprécier l’histoire. Don Benvenuto apporte la magie de ce spadassin qui se reconvertit en conseiller particulier, homme à tout faire en tout cas, du personnage le plus puissant de Ciudalia. Il va lui arriver tellement de crasses inimaginables, faire des choix tellement cons alors qu’il est tellement malin parfois. Je pense personnellement que c’est un des personnages majeures de la fantasy à l’heure actuelle, apportant sa personnalité extrêmement développé par l’auteur, sa gouaille, ses emmerdes, ses dépressions, ses talents très particuliers, etc.

Note : 9,5/10
Le chef-d’œuvre de la fantasy française actuellement, bien qu’un peu plus fermé au grand public dans son style à mon avis. Une fresque monumentale bourrée d’aventures et de rebondissements machiavéliques. A dévorer absolument !

Signé : Kissifrott

Lights by Archive on Grooveshark

mercredi 27 mars 2013

Un Dévoreur de Critic au SdL de Paris 2013

Il était une fois un Salon du Livre qui se déroulait dans une petite ville du nom de Paris. Beaucoup de gens s'extasiaient devant tant de richesses littéraires. Il s'agissait tout de même de l'histoire de l'humanité et de ses lubies qui défilait.

Néanmoins, ce ne fut que récemment que ce petit peuple amoureux des livres découvrit la perle des maisons d'édition...

Le stand Critic enfin monté le jeudi 21 mars 2013


Mais trêve de plaisanteries. J'étais donc forçat du travail sur ce joli stand pendant cinq jours, dont quatre ouverts au public. Mais ce fut une merveilleuse aventure avec de superbes rencontres, que ce soit des visiteurs avec qui j'ai pas mal discuté, des professionnels du livre et les auteurs maison avec qui j'ai fait connaissance de l'autre côté de la barrière. Mention spéciale à Justine Niogret qui s'abimait la main tous les jours à dédicacer (et avec qui j'ai bien rigolé), mais aussi à Sylvie Miller (je connais tout du tome 3 de Lasser, nananère :p), et enfin à P.-J. Hérault, un très très grand monsieur qui a même réussi à me faire rougir.

Ça ne se voit pas dans ses livres; mais Justine a beaucoup d'humour

Sylvie, compagnonne de caisse la plupart du temps, P.-J., artiste du space op, et le boss, de nom inconnu et toujours chauve

Voilà, je ne vais pas trop détailler mon Salon, pour ne pas faire de jaloux, et de peur de trop en dire sur le secret des coulisses *joke*. Ça picole pas mal, mais on travaille dur derrière. Et j'ai acheté un oreiller venant d'Australie pour mes bouquins, en plus du dernier Locke & Key.

A une prochaine édition peut-être.

P.S.: Les prochaines sorties chez Critic à avoir absolument, le thriller Point Zéro d'Antoine Tracqui et le dyptique SF, entre space op et planet op, Dominium Mundi de François Baranger

Un avant-goût de la couverture de François Baranger

samedi 23 mars 2013

Un autre Dévoreur au ciné #1 38 Témoins



Sachez que je m'interrogeais : quelle critique faire, de quel livre, de quoi en fait ? Finalement, j'ai entendu parler de ce film, sorti l'année dernière : 38 témoins.

De bouche à oreille, je me suis dit que c'était un film pour moi. Un film psychologique au premier abord, qu'on m'a présenté brièvement et qui m'a plu immédiatement.

C'est l'histoire d'une jeune femme qui se fait assassinée dans la rue dans un quartier de Paris, la nuit, observée par une foule de personnes, 38 témoins précisément. Pour autant aucun n'ose appeler la police. Quand celle-ci arrive finalement sur les lieux du crime, elle décide d'aller interroger les différents habitants des immeubles environnants. On pourrait alors logiquement se dire qu'au final, ce film n'est qu'un navet policier qui tourne autour d'une simple histoire de meurtre. Il n'en est rien. On se rend vite compte qu'aucun n'avoue les faits, personne ne veut, ne peut !

L'horreur indescriptible n'arrive pas à sortir des bouches, elle reste cloisonnée. En tant que spectateur on peut s'interroger là-dessus. Est-ce réellement possible ? Comment cela se peut-il ?

En définitive, les caméras se braquent sur quatre personnages principaux, les cinq protagonistes autour desquels tourne toute l'intrigue du film.

L'étau se resserre petit à petit, la pression monte… Et l'histoire va atteindre des échelles de gravité hallucinantes ! Vous êtes emportés de la première seconde jusqu'à la fin, avec mille et une questions dans la tête !

C'est un film que je conseille à tous et à toutes : mais attention ! Vous n'y trouverez absolument pas de scènes d'actions. J'ai regardé diverses critiques faîtes et il en ressort qu'en effet, l'impact a été mitigé puisque beaucoup ont déprécié la lenteur du film, le manque d'activité... Je ne suis pas d'accord avec ces derniers, à mon sens, un film peut très bien être bon sans cela. J'insisterai sur le fait que c'est un film qui se concentre sur la psychologie, et essaie de s'approcher encore un peu plus de la définition qu'on peut donner de l'âme humaine. Les relations entre les individus sont également mises en lumière ici, notamment entre nos deux amoureux, Louise et Pierre.

En fin de compte, à mes yeux, on est bouleversé par les tenants de ce chef d’œuvre. Et si vous étiez le 39ème… On s'imagine à la place des témoins, on s'interroge, se demande comment nous on aurait réagi face à une situation de cette ampleur.

Je vous laisse sur votre faim. D'une durée d'une heure quarante-cinq, on ne peut pas s'empêcher d'être absorbé par la complexité de l'histoire, de se plonger dans la peau des personnages, pris de malaises et de peurs... Tout semble absurde ! Et pourtant, cela est tiré de faits réels.

Merci à Lucas Belvaux pour cette magnifique œuvre !

Signé : Eäron Valil