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vendredi 31 mai 2013

Webzone #4 Adeline dessine Poulpi

Webzone is back !
                Aujourd’hui, j’aimerais vous présenter une illustratrice pas comme les autres, que vous méconnaissez sûrement encore totalement, tout simplement parce qu’elle n’a pas encore d’illustrations à son actif, d’un point de vue professionnel.
                Néanmoins, ne vous méprenez pas, bien qu’elle soit hélas normande (mais installée à Rennes depuis pas mal de temps), elle a un grand talent et devrait prochainement le démontrer. En attendant, découvrez là en avance afin d’être prêt au choc psychologique qui vous attend en vous émerveillant devant son travail. Entretien !

Adeline Martin qui planche sur son dernier projet : The Knight of Flowers
Bonjour Adeline, peux-tu te présenter rapidement à ceux qui vont bientôt pouvoir observer l’explosion de ton talent ?

Bonjour ! Je m'appelle Adeline Martin, j'ai 22 ans et je suis née en Normandie. Je suis titulaire du diplôme de LISAA Rennes, école de graphisme et j'aspire aujourd'hui à travailler dans le milieu de l'illustration.

Bien bien bien, illustratrice et graphiste donc. D'où te vient cette envie/passion pour le dessin et les arts graphiques en général ?

Cela remonte à très loin en fait, j'ai le souvenir d'avoir toujours dessiné plus que les autres enfants. C'est drôle d'ailleurs de retrouver certaines "créations". Petite, je cousais des robes sur mes dessins de personnages, je prenais beaucoup de photos également. J'ai depuis toujours des pochettes entières, remplies de découpages de publicités, de personnages. Ma passion s'est donc ensuite instinctivement imposée comme le seul avenir professionnel que je désirais.

Quand t’es-tu rendu compte que tu pouvais espérer en vivre ?

J'ai d'abord préféré ne pas trop me poser cette question, j'ai eu la chance que mes parents me permettent de faire une école d'art et à partir de là, j'ai foncé. C'est la soif d'apprendre encore et toujours plus qui m'a poussée et l'envie de pouvoir vivre de l'art. En fait, le problème s'est posé à l'envers, je ne me suis pas dit "est ce que je pourrais en vivre un jour?", mais j'ai décidé de travailler et de me donner les armes pour réussir.

Qu’est-ce que tu préfères dans le dessin ? Le rendu final ? Les petits ratés ? Autre(s) ? Bref, comment travailles-tu ?

Lorsque l'on apprend à dessiner, il est très important d'enchaîner sans se poser de question et donc d'obtenir des "petits ratés". C'est le fait de multiplier les techniques et les essais qui va permettre un apprentissage. De la même manière, les matières comme le dessin d'observation ou le modèle vivant sont indispensables et donnent lieu à des expérimentations inattendues qui nous font évoluer. Les "petits ratés" sont donc essentiels.
En revanche, je me détache maintenant de ce type de travail. Il me sert, je l'ai en tête pour pouvoir créer et de temps en temps, je m'y replonge même (en faisant des croquis d'objets, de personnages). Mon travail aujourd'hui est illustratif et il doit donc être précis, abouti. Je me sers des croquis pour les étapes préparatoires mais une fois le final entamé, je ne laisse pas place à l'approximatif. C’est peut-être un côté perfectionniste, mais je crois qu'il est nécessaire.

Justement, ce côté perfectionniste t'amène à passer combien de temps en moyenne sur un seul et même dessin comme Rán og Nehalennia par exemple ?
 
Rán og Nehalennia
Il est difficile pour moi de comptabiliser le temps passé en moyenne sur un dessin car il varie en fonction de plein de choses (la technique, le format, le sujet...). Rán og Nehalennia a été réalisé entièrement au crayon graphite, technique avec laquelle je suis la plus rapide aujourd'hui, et a dû prendre trois semaines.
En revanche, si j'utilise de la peinture, je mets beaucoup plus de temps.

Avec un nom comme Rán og Nehalennia, on peut deviner que tu as des influences particulières en tant qu’artiste. Quelles sont-elles, que ce soit une mythologie, un courant artistique ou un artiste particulier ?

J'admire énormément le travail des Préraphaélites (Waterhouse, Millais ou Rossetti), des Symbolistes (Klimt, Mossa...) et de l'Art Nouveau (notamment Mucha). Dulac et Rackham sont également de grandes sources d'inspiration. J'ai réalisé récemment plusieurs illustrations sur le thème de la mythologie nordique mais je suis de manière générale, très inspirée par les mythologies, les contes.

Quelques questions plus simples désormais peut-être. Quel(s) auteur(s) aimerais-tu plus que tout illustrer ? Quel(s) atelier(s) d’artiste(s) aimerais-tu visiter ?

Le parfum de Suskind, ou plus contemporain Georges R.R.Martin bien sûr !
J'ai eu la chance d'effectuer plusieurs stages d'illustration et de découvrir différents ateliers. Mon premier stage s'est déroulé chez Yoann Lossel et m'a permis d'apprendre énormément. J'ai en même temps découvert l'atelier d'Alice Dufeu et de Vilantarès. Je suis ensuite allée chez Erwan Seure Le Bihan. J'ai également eu la chance de passer une journée dans le très bel atelier de Didier Graffet. Ils m'ont tous à leur manière appris beaucoup en m'ouvrant leurs portes.

Qu’est-ce qui serait un aboutissement pour toi, ton rêve d'illustratrice/graphiste ?

Le rêve serait d'illustrer des livres et de ne pouvoir faire que ça !

Deep in the Ocean
Est-ce que tu as des projets particuliers en ce moment ?

A vrai dire je profite de cette période pour dessiner le plus possible et enrichir mon book. J'ai quelques commandes d'originaux et de tatouages en cours, mais pas de projet d'édition pour le moment.

De tatouages ? Intéressant ça ? Tu réalises les modèles de tatouages pour des tatoueurs, ou c'est pour les réaliser toi-même ?

Ce n'est pas très fréquent mais oui, j'ai eu des commandes pour réaliser des images qui serviront de modèles au tatoueur.

Et à part cela, pas envie de te tester dans de la bande dessinée ? Je t’écris un scénario en béton si tu veux…

On m'a souvent posée cette question, mais je ne crois pas que la BD soit pour moi. Le fait de réutiliser les mêmes personnages reconnaissables, etc, demande une technique très spécifique qui n'est pas la mienne.

Donc tu serais prête à faire une magnifique illustration (unique !) pour mon blog ?

Hé hé, pourquoi pas !

Coooooool !!! A part cela, peut-être exposes-tu quelque part pour que tes futurs admirateurs viennent admirer ton travail ?

Pas d'exposition prévue pour le moment mais n'hésitez pas à suivre ma page facebook et mon site internet pour être au courant de mes actualités !

Un mot de la fin ?

Merci à toi (Môssieur) Le Dévoreur de Livre mais ne grignote pas trop mes dessins ! Ha ha ! (Ne rigolez pas svp, elle n'est pas drôle)

Exclu : The Knight of Flowers


C’est sur ces mots et la dernière illustration en date d'Adeline Martin (qui sort tout juste de son atelier) que se conclut ce petit entretien. Souhaitons-lui le meilleur, mais surtout, portez la bonne parole, voilà un talent qui vaut le coup. Likez-là sur son Facebook et/ou son site internet. Elle est ouverte à tout contact dans le domaine de l'édition, mais aussi pour des commandes d'originaux, ou toutes autres choses qui touche à son domaine de compétences.

vendredi 24 mai 2013

Webzone #3 Youscribe et c'que j'écris

Bonjour à tous !


          Voici le retour de la webzone on NewspapertrokoulduDévoreur.com ! Bon, ce sera un épisode très égocentré sur ma petite personne, je m'en excuse. Sachez que je prépare un autre épisode qui vous intéressera probablement plus prochainement, où vous pourrez vous extasier en disant "Waouh ! C'est trop beau !".

          Mais voilà, pour le moment, je vais vous ennuyer avec moi et de Youscribe. Bon, j'imagine que vous assimilez assez vite la chose. Un truc en "You", c'est où on partage du contenu. En l'occurrence, ici du contenu écrit (je ne fais pas la traduction).

          Vous trouverez sur Youscribe un peu de tout. Des trucs franchement inutiles, voire pourrâves (je suis en train d'essayer de vous convaincre là), mais aussi des trucs plus sympa comme des recettes de cuisine, des textes amateurs, des web-BD, etc. Chacun trouvera chaussure à son pied s'il cherche bien. Le classement n'est pas trop compliqué, si chacun y met un peu du sien, tout doit être bien rangé par thématique normalement.

           Accessoirement, vous trouverez des textes payants en format PDF, voire Epub. J'adresse ce message à ceux qui ont des liseuses. Les textes payants sont soit des classiques (j'ai vu du Sturgeon ou du Camus par exemple), soit des textes amateurs.

           Lorsque l'on publie soit même des textes, je retiens deux fonctionnalités qui font la différence par rapport à d'autres sites similaires. La première est que l'on peut choisir sa licence, que ce soit une simple paternité ou une licence tous droits réservés. L'autre est qu'il y a toute une série de formats vers lesquels on peut exporter. Pas tous, mais suffisamment pour être lu de pratiquement tout le monde.

         Tout ça pour en venir à ma chaîne Youscribe. Ben oui, j'avais dis que ce serait égocentré. Le site est certes bien pratique, mais pas révolutionnaire non plus. Mes écrits non plus ne sont pas révolutionnaires. Et s'ils ne sont pas du tout exempts de défauts dont je suis parfois douloureusement conscient, à chaque fois, j'essaie que mes textes, jusqu'ici uniquement de courtes nouvelles entre quatre et huit pages, soient le plus divertissant possible.

             C'que j'écris bien sûr appartient aux genres de l'imaginaire, avec un penchant pour la fantasy
qui prend à plusieurs reprises la forme de contes. N'hésitez pas à commenter et critiquer les textes, positivement ou négativement, mais de façon argumenté. Si vous posez la question, je n'ai jamais répondu à un appel à textes, tout simplement parce que j'estime ne pas avoir encore le niveau nécessaire avec ce que j'ai écris.

            Par contre, peut-être que prochainement me mettrais-je à écrire plus sérieusement, en tentant ma chance dans quelques concours ou autres trucs du genre. Néanmoins, ce qui m'accapare le plus pour le moment est un projet de roman (dont j'ai rédigé la première page :p). Ce sera de la SF pour le coup. La toile de fond est plus ou moins dressé, la trame se dessine, le prologue est écris noir sur blanc. J'espère être à un stade satisfaisant d'ici la fin de l'année civile, sachant que j'écris trèèèèèèèèèèèèès lentement à cause de mon insatisfaction perpétuelle de ce que je fais. Je garde en réserve aussi un projet de roman fantasy basé sur la nouvelle de Kenta. Bien évidemment, tous mes textes sont accessibles gratuitement. Deux-trois n'ont qu'une licence de paternité, si cela peut en inspirer certains.

           Voilà donc, l'écrivain en herbe se met à nu devant vous, n'ayez pas de pitié pour lui, clamez ce que vous pensez de ce qu'il écrit. Si vous avez des questions, ou que vous voulez partager aussi vos écrits, n'hésitez pas à poster cela en commentaires ci-dessous, et peut-être que s'il y a du monde, je ferais un billet sur mon blog au sujet de vos écrits.

Kissi, alias Le Dévoreur de Livres

P.S. : Avant que vous posiez la question, le pseudo de EV.e, c'est pour mes initiales.exe, histoire de faire geek jusqu'aux bouts des ongles.

jeudi 31 janvier 2013

Webzone #2 La Revue d'Etude de Science-Fiction Futurae

Ô joie, Ô bonheur infini !

          Voilà que j'ai fais par le plus grand des hasards une découverte plus qu'intéressante. Moi-même étant universitaire, bien qu'encore à l'échelon insignifiant du mastère, et plutôt en histoire qu'en lettre, bien que je me spécialise dans l'histoire du livre, j'ai eu l'occasion de faire récemment une petite présentation dans le cadre des mes examens sur la science-fiction. Je n'ose pas vous mettre mon petit travail qui a certes reçu un bon accueil, mais sûrement du fait de l'ignorance de mon examinatrice sur le sujet, et donc qui n'a pas pu voir ce qui ressemble à quelques maladresses de ma part.

          Bref, pour en venir au fait que j'ai eu l'occasion de découvrir quelques travaux universitaires sur le genre de la science-fiction dernièrement, et cela s'est révélé plutôt très intéressant pour ma petite curiosité, et j'espère que certains ici font part d'un sentiment similaire au mien sur le sujet. Hélas pour moi, je  suis tombé trop tard sur une revue d'étude de science-fiction que je vais vous présenter, la ReS Futurae.

          Il s'agit donc d'une revue électronique semestrielle qui n'a pour le moment à son actif qu'un seul numéro publié lors du deuxième semestre de 2012. Donc est attendu deux numéros par an (puisque c'est semestriel, je définis la chose, au cas où). C'est du sérieux puisqu'il s'agit d'un travail universitaire. Mais je tiens à vous signaler son existence du fait qu'il est disponible au public dans sa version intégrale, ce qui est appréciable. J'ai tendance à râler sur mes propres travaux du fait que je trouve (c'est un avis personnel) que l'accès aux travaux de recherche est trop limité, difficile d'accès. Donc profitez ! J'aime d'ailleurs beaucoup la première phrase de l'édito de la revue que je vous cite ici.

Aucun phénomène culturel ne mérite d’être négligé, et surtout pas par les institutions universitaires dont c’est le cœur de métier, qui s’appuient essentiellement sur l’argent public, et doivent à la société des résultats fermes sur leur travail.
Irène Langlet

           La revue émet trois objectifs pour le moment :
  • de faire émerger une véritable communauté scientifique de recherches universitaires francophones sur la science-fiction
  • de faire une place aux corpus francophones, négligés par la critique anglophone, même dans les sommaires de Science Fiction Studies (qui tend, lorsque c’est le cas, à privilégier les corpus d’avant 1960).
  • de favoriser l’échange de savoirs entre l’expertise anglophone acquise et l’expertise francophone en structuration.

           Ce sont ces trois points qui font que j'ai les yeux qui brillent (bon, peut-être pas, mais ça me touche). Qu'est-ce que j'y vois ? J'y vois de l'espoir pour la SF francophone qui offre une qualité indéniable mais qui est par ailleurs trop souvent ignorée. Ignorée tout d'abord par les peuplades de ce beau pays nommé France, bien que j'exagère. On dispose d'une culture SF non-négligeable, mais les tirages d'une œuvre d'anticipation en France ne sont pas pour autant à la hauteur. Si à ses débuts en France, le "merveilleux scientifique" était reconnu par la critique généraliste (ex : le premier prix Goncourt), ce n'est plus le cas aujourd'hui. La science-fiction a été rangé dans un belle petite étagères, mais à l'écart du grand public, ce que je regrette. J'espère vraiment que cette revue on ne peut plus sérieuse, bien que je ne me fasse pas d'illusion par rapport à sa diffusion (bien que j'intervienne là) réhabilite la chose sur la scène francophone.

        De l'espoir aussi par rapport aux deux points suivant. Peut-être qu'en attirant l’œil d'universitaires anglophones, cela attirera des éditeurs de la langue de Shakespeare afin d'éditer de la science-fiction bien de chez nous, et ainsi espérer un avenir meilleur pour le genre en France. Encore une fois, je ne me fais pas trop d'illusion, mais je considère tout de même cette revue comme un premier pas significatif pour faire sauter le verrou du monde anglophone. Il faudra espérer probablement des années pour voir un effet quelconque, mais je préfère espérer que me résigner. Après, l'action doit se jouer bien plus au niveau des relations entre maisons d'édition (ex : Bragelonne et Gollancz) qu'au niveau des universités.

          Mais passons outre mes espoirs fous. Je tiens à féliciter le comité de rédaction et tous les gens qui sont derrière pour ce projet ambitieux. J'aimerais beaucoup avoir une revue gratuite similaire sur l'histoire du livre. J'espère simplement que les numéros suivant resteront libre d'accès.

          Voilà, je n'ai pas grand chose d'autre à ajouter. je sais que vous préférez lire de la bonne SF plutôt que de lire des livres sur la SF, mais bon, c'est mon blog, je fais ce que je veux uhuh. J'en profite d'ailleurs pour partager avec vous quelques-unes des lectures universitaires que j'ai eu en fin d'année 2012, dont quelques nom connus du côté de la ReS Futurae. Avec tout d'abord un ouvrage de synthèse qui relate une sorte d'histoire officielle de la SF. Il est assez court, donc je pense qu'il est sympathique pour s'imprégner un peu de la question avant de s'attaquer à des ouvrages plus intéressant d'un point de vue réflexion.

Roger BOZETTO, La science-fiction, Paris, Armand Colin, 2007, 127 p.

          Je conseille ensuite les ouvrages suivant, pour ce que j'ai lu, il en existe sûrement un paquet d'autres à lire absolument. Le Christian Grenier est peut-être un peu daté par contre. Je n'ai pas encore assez de lectures universitaires pour me faire une idée vraiment précise.

Anne BESSON, D’Asimov à Tolkien, Cycles et séries dans la littérature de genre, Paris, CNRS éditions, 2004, 247 p. 
Christian GRENIER, La science-fiction, lectures d’avenir ?, Nancy, Presses universitaires de Nancy, 1994, 169 p.

Irène LANGLET, La science-fiction, Lecture et poétique d’un genre littéraire, Paris, Armand Colin, 2006, 304 p.


           Voilà, je ferme ma grosse parenthèse dans mes critiques et conclus un joli mois de janvier où j'aurais redoublé d'activité. N'hésitez pas à jeter un coup d'oeil à cette revue électronique (c'est pour ça que j'ai fais cet aparté).

Enjoy !

Le site de la revue électronique : http://resf.revues.org/