Titre : Sénéchal
Auteur : Grégory Da Rosa
Éditeur : Mnémos
Auteur : Grégory Da Rosa
Éditeur : Mnémos
Parution : février 2017
Illustration : Lin Hsiang
Illustration : Lin Hsiang
320 pages
19,50 euros
Synopsis :
«
Sénéchal, la ville est assiégée ! »
Telle est la phrase que l’on m’a jetée sur le coin de
la goule. Depuis, tout part à vau-l’eau. Oui, tout, alors que ce siège pourrait
se dérouler selon les lois de la guerre, selon la noblesse de nos rangs, selon
la piété de nos âmes. Nenni.
Lysimaque, la Ville aux Fleurs, fière capitale du
royaume de Méronne, est encerclée et menacée par une mystérieuse armée. Et pour
le sénéchal Philippe Gardeval, ce n’est que le début des ennuis. Suite à
l’empoisonnement d’un dignitaire de la cité, il découvre que l’ennemi est déjà
infiltré au sein de la cour, dans leurs propres rangs ! Sous quels traits se
cache le félon ? Parmi les puissants, les ambitieux et les adversaires
politiques ne manquent pas ; le sénéchal devra alors faire preuve d’ingéniosité
pour défendre la ville et sa vie dans ce contexte étouffant d’intrigues de
palais.
Critique :
Il y a,
parfois, des certitudes. Aujourd’hui, j’en ai une : 2017 sera une année
qui verra défiler quelques bijoux de fantasy ! En juin, un petit bout
d’une certaine chasse royale nous parviendra ; en mars, je frissonne du coup de
tonnerre qui arrive ; et encore plus tôt dans le temps, en février –
maintenant – un petit nouveau dans le paysage de l’édition. Ce petit nouveau
qui nous occupe, m’enfin, qui m’occupe mais qui va bientôt vous occuper parce
qu’il m’occupe et que je le porte et le porterais encore et encore de manière insistante
à votre attention – vous pouvez reprendre votre respiration – c’est Sénéchal, de Grégory Da Rosa.
Autant
vous le dire, ce premier roman de l’auteur m’a véritablement emballé. Je
n’avais plus connu cet emballement pour un nouvel auteur en fantasy depuis Porcelaine d’Estelle Faye, de mémoire en
2013, c’est-à-dire presque une éternité. Bien évidemment, il y a eu entre temps de bonnes
surprises, pour passer de bons moments. Je pense par exemple au Bâtard de Kosigan de Fabien Cerutti, et
d’autres encore. Mais point d’énumération ici. Ce qui distingue des autres Sénéchal et Porcelaine en premier lieu, c’est le style. Attention, je ne jure
pas sur un sacro-saint style, il est tout à fait réalisable d’avoir du style et
malgré tout de pondre quelque chose de mauvais, ou tout du moins d’accoucher
d’un texte qui ne plaira pas, en termes plus pondérés. Nous sommes avec Sénéchal dans un cas manifeste d’un
écrivain qui a toutes les qualités pour s’affirmer parmi les têtes connues de
l’Imaginaire en France, grâce notamment à une plume affirmée, élégante et
étonnamment – ou pas – fluide compte tenu de son caractère médiévalisant.
J’en oublie
néanmoins d’ajouter que le style n’est pas qu’un étendard, bien loin s’en faut.
Le style sert le récit. Le style permet une immersion. Le style est un outil,
et Grégory Da Rosa en use à merveille. J’ose à peine insérer un petit reproche
quant au nombre de notes de bas de page, qu’il eut peut-être fallu restreindre,
ou bien renvoyer vers un glossaire. Il n’empêche, nous voilà plongé dans un
univers tel que peut le faire un Jean-Philippe Jaworski, toute proportion gardée.
Seulement, il n’est
pas uniquement question de style. Je m’enflamme beaucoup sur la chose dans le
cas présent, pourtant, l’auteur parvient par là même à nous entraîner dans un
univers a priori simple mais intéressant. On sent/imagine un arrière-plan
fourni, en plus d’agencer une intrigue au suspense bien maîtrisé. Sénéchal nous
expose en effet le siège d’une ville, – pas n’importe laquelle ! –
Lysimaque, capitale du royaume de Méronne. Dans ce huis-clôt, le sénéchal
Philippe Gardeval, défenseur de la cité et proche du roi, va se trouver au
centre d’un joli pataquès délicieusement monté en sauce. Clairement, j’attends
la suite pour en savoir plus !
Je voudrais
encore dire tant de choses. Le personnage du sénéchal des plus attachants. Des
anges bien badass. Des
rebondissements qui vous surprendrons. Des rancœurs politiques jubilatoires. Je vous épargne la suite, je risquerais
– encore – avec mon sens de la circonvolution, de la digression, de m’éterniser
dans les compliments. Tout porterait à croire que Grégory Da Rosa nous offre un
texte parfait. Il n’en est rien, et j’espère qu’il n’existera jamais de livre
parfait. Pour autant, j’ai eu le sentiment à ma lecture de lire un parfait
premier roman, dans le sens que le lecteur que je suis se trouve surpris et
captivé, de manière la plus agréable possible.
Ainsi sera
alors ma conclusion : attiré par le parfum suave de la surprise, me voilà
qui fut happé dans une belle aventure, retorse à souhait sans pour autant
manquer de sentiments humains. Sous le verni d’une belle écriture, un
personnage retient notre attention, mais aussi une intrigue, orchestrée avec
une maîtrise peu commune, d’autant plus pour une première expérience. Le temps
est passé trop vite durant ma lecture de Sénéchal,
vivement la suite !