dimanche 10 février 2013

Porcelaine, Légende du Tigre et de la Tisseuse, Estelle Faye



Titre : Porcelaine, Légende du Tigre et de la Tisseuse
Auteur : Estelle Faye
Editeur : Les moutons électriques
Date de publication : 2013
Couverture :
Illustrateur : Amandine Labarre
Pages : 274 pages
Prix : 19,90 euros

Biographie auteur :

Née le 1er mai 1978, Estelle Faye a suivi des cours de théâtre à Paris et à San Francisco. Durant ses études, elle travaille comme comédienne, au théâtre, à la télévision et apprend tous les métiers de la scène (accessoiriste, chanteuse, machiniste, dramaturge...). Estelle a scénarisé plusieurs courts métrages dont un a été récompensé par le prix France Télévision au festival de Cannes. Aujourd'hui, Estelle Faye se consacre à la réalisation et à l'écriture. Auteur de La Dernière lame (Pré aux clercs), Porcelaine est son deuxième roman.

Synopsis :

Chine, vers l’an 200. Xiao Chen est un comédien errant, jeté sur les routes par un dieu vengeur. Un masque à forme humaine dissimule son faciès de tigre, tandis que son cœur est de porcelaine fêlée. Son voyage va durer plus de mille ans.
Au cours de son périple, il rencontrera Li Mei, une jeune tisseuse, la Belle qui verra en lui plus qu’une Bête. Celle qui, sans doute, saura lui rendre son cœur de chair. Cependant Brume de Rivière, fille-fée jalouse et manipulatrice, intrigue dans l’ombre contre leur bonheur.
Pendant presque quinze siècles, rivalités et amour s’entrecroisent, tissant une histoire de passion, de tendresse et de sacrifice, sur fond de magie et de théâtre.

Critique :

                Après une année 2012 tristounette en fantasy (deux-trois titres qui m’ont marqué seulement), le millésime 2013 promet plus. Encore faut-il confirmer. Et cela semble bien parti du côté des « Moutons électriques » dont j’attends surtout le Jaworski nouveau en août (il me semble). Mais nous ne sommes jamais à l’abri d’heureuses surprises (chose que j’ai attendu tout l’année précédente). Et Porcelaine est indéniablement une excellente surprise. Peu de monde a dû voir le coup partir. Mais ce n’est que plus appréciable d’être surpris.
                Souvent hésitant à acheter un ouvrage « Moutons électriques » du fait d’un format assez particulier, pas désagréable mais peu pratique dans une bibliothèque, mon œil a malgré tout été attiré par une couverture aguicheuse, qui après lecture reflète très bien l’esprit du récit. Mais ce n’est pas suffisant pour me convaincre. Une bonne exposition en « facing » et un petit mot du libraire, et me voilà reparti livre en sac (remarquez que je ne suis pas difficile à convaincre). J’ai propulsé l’ouvrage presque tout en haut de ma pile-à-lire parce qu’il s’agit de fantasy, mon premier amour avant la SF ou autre. Bref, en un rien de temps après son achat, le voilà entre mes mains, tournant la première page.
                Et tout de suite, me voilà happé. Car Porcelaine est un ouvrage prenant, très prenant. On retourne aux fondamentaux de la fantasy, entre souffle légendaire, magie, exotisme et théâtre, pour livrer une version chinoise de La Belle et la Bête. Ne vous méprenez, dans le fond, c’est totalement différent, mais le rapprochement est inévitable avec cette amour entre une femme et un homme transformé par un dieu de la forêt en bête.
                Porcelaine a aussi une chronologie particulière puisque cette légende du Tigre et de la Tisseuse s’étend sur quinze siècles, notre héros Xiao Chen survivant grâce à son cœur de porcelaine, don de son père dans sa conception et d’une fée dans sa greffe magique, fée qui deviendra sa pire ennemi. Je ne dirais pas qu’il y a des rebondissements sans cesse, quoique, mais le récit n’est pas du tout monocorde, on ne s’ennuie jamais. Les changements de point de vue sont fréquents mais pas désorientant. J’ai bien crains un court moment après une quarantaine de pages que l’histoire allait s’empêtrer dans de la baston systématique de démons, mais pas du tout au final, l’auteure s’en sort avec brio.
                Si vous aimez les beaux livres et les bonnes histoires de fantasy, pas révolutionnaire mais qui ne nous donne pas ce sentiment de déjà vu, qui arrive à nous emporter dans son monde original, vous savez désormais quel livre choisir.

Note : 8,5/10
Un bête de roman fantasy made in France en plus d'une bouffée d'oxygène dans cette même fantasy parfois trop stéréotypée. A dévorer absolument. 

  



Porcelain by Moby on Grooveshark

vendredi 8 février 2013

BD à dévorer #4 Spécial Animaux

Hello boys & girls !
                Le « spécial animaux » dans le titre de l’article est là plus pour l’anecdote, le hasard improbable qui m’a fait lire coup sur coup trois BD avec un nom d’animal dans le titre. Il s’agit donc bien plutôt de mes dernières lectures BD. Pas de chef-d’œuvre, mais de bonnes-œuvres, agréables à lire entre quelques romans.

La peau de l’ours, de Oriol et Zidrou
Note : 7/10
Un dessin particulier dont je ne suis pas fan, très « cubique ». Néanmoins, ça passe plutôt bien à la lecture d’une histoire qui fait mouche, entre amour, gangster et horoscope. Pensez bien qu’accoler les mots « amour » et « gangster », ça fait des étincelles. Un amour tragique à dévorer.





Loup de Pluie, tome 1, de Rubén Pellejero et Jean Dufaux
Note : 8/10
Après l’ours, le loup. Je ne vais pas vous lâcher avec les animaux aujourd’hui. En tout cas, un bon western, pas spaghetti cette fois, plutôt hymne à la grande chasse, à l’amitié entre blancs et indiens, et même l’amour. Mais pas sans accroc, freiné par l’intolérance, la dureté de la vie dans le Grand Ouest, ou encore la vengeance. Une belle fresque dessiné en lignes claires, mais avec un épais très noir au niveau des contours, ce qui est assez particulier. Mais j’aime bien, ça approfondit les jeux d’ombres. A dévorer, en attendant la suite qui je pense promettra à la vue de la fin de ce volume.

Silas Corey, tome 1, Le Réseau Aquila, de Fabien Nury et Pierre Alary
Note : 7,5/10
Vous ne voyez pas l’animal ? Aquila est un mot latin qui signifie aigle. Bref, voilà la dernière BD de mon petit chouchou chez les scénaristes en la personne de Fabien Nury. Et comme chaque fois, il puise dans l’histoire, avec ici les intrigues de la Première Guerre Mondiale en toile de fond. Il y a un vrai talent au niveau des rebondissements, de la cohérence de l’histoire, de la densité de l’œuvre. Comme à chaque fois. Avec un personnage principal très fort, entre Arsène Lupin et Sherlock Holmes avec son assistant asiatique. Néanmoins, il manque un petit quelque chose par rapport à un Il était une fois en France ou Atar Gull, mais je ne saurais dire quoi. Il manque peut-être une thématique forte comme l’esclavage ou la collaboration. C’est plus porté sur de l’aventure pur-jus, à l’aide d’un dessin taillé pour cet emploi. Mais ça reste très bon, à dévorer.


Eye of the Tiger by Eye of the Tiger on Grooveshark

mercredi 6 février 2013

La Voie du Sabre, de Thomas Day



Titre : La Voie du Sabre
Série : La Voie du Sabre, tome 1
Second tome : L’homme qui voulait tuer l’Empereur
Auteur : Thomas Day
Editeur : Folio SF
Date de publication : 2008
Couverture :
Illustrateur : Guillaume Sorel
Pages : 295 pages
Prix : 5,95 euros

Biographie auteur :

Thomas Day (pseudo de Gilles Dumay) est né en 1971. Grand voyageur passionné par l’Extrême-Orient, qui sera le théâtre de plusieurs de ses textes, Thomas Day est aussi éditeur, anthologiste, critique et partenaire de route de la revue Bifrost.
Auteur d’une cinquantaine de nouvelles, il dessine dans la dizaine de romans qu’il a publiés des mondes empreints de sensualité et de violence. Dans L’Instinct de l’équarisseur, il revisite le personnage de Sherlock Holmes, quand il ne crée pas le Japon de fantasy de La Voie du sabre (prix Julia Verlanger) et de sa suite, L’Homme qui voulait tuer l’empereur. Il a notamment écrit, en collaboration avec Ugo Bellagamba, un manga sans images, L’École des assassins. Dans son dernier roman, La Cité des crânes, il revient à l’Asie et livre un hommage aussi bien au Francis Ford Coppola d’Apocalypse Now qu’à William S. Burroughs.
Après avoir réalisé la novélisation du film de Paul W. Anderson, Resident Evil, il présente l’anthologie Les Continents perdus, dans les pages de laquelle il nous donne à lire des nouvelles de Ian R. MacLeod, de Geoff Ryman, de Lucius Shepard, de Walter Jon Williams et de Michael Bishop.

Synopsis :

Pour parfaire l'éducation de son fils Mikédi, le chef de guerre Nakamura Ito le confie à un rônin du nom de Miyamoto Musashi. Un samouraï de légende, le plus grand maître de sabre qu'ait connu l'Empire des quatre Poissons-Chats. Ensemble, pendant six longues années, le maître et l'apprenti vont arpenter la route qui mène jusqu'à la capitale Edo, où l'Impératrice-Dragon attend Mikédi pour en faire son époux. Mais la Voie du Sabre est loin de trancher l'archipel en ligne droite : de la forteresse Nakamura aux cités flottantes de Kido, du Palais des Saveurs à la Pagode des Plaisirs, Mikédi apprendra les délices de la jouissance, les souffrances du combat et la douceur perverse de la trahison.

Critique :

                Konichiwa amigos von Frankreich oder others countries ! Chaque jour, je redécouvre que la fantasy française est riche de petits bijoux.  La Voie du Sabre est tombée entre mes mains après un long périple pour le compte de mon anniversaire. C’est un peu le grand écart entre mes cadeaux après Chopperman. Car j’ai adoré ce petit roman de Thomas Day que je n’avais jamais lu. Le dévorage a été on ne peut plus rapide.

                Pourquoi ai-je adoré ? Tout d’abord, il y a l’absence de longueurs pour un maximum de détails. On a absolument de tout. Des réflexions, de l’action, des scènes visuellement fortes, de l’amour, etc. C’est rendu possible à la façon dont c’est écrit, sous la forme d’un mémoire de toute une vie, entrecoupé de quelques légendes distillées de-ci de-là. Personnellement, je ne me suis jamais ennuyé.

                L’autre chose qui m’a plu, c’est l’ambiance. Je suis un grand fan de la culture nippone. Or, Thomas Day, malgré qu’il dépeigne un Japon fantastique, a su puiser dans une importante documentation pour rendre son récit encore plus complexe et attrayant. Franchement, à la lecture, je n’ai pas vu de défaut à ce bouquin. 

Je ne mets pas la note maximale car il y a moyen de retranscrire toutes les qualités présentes dans une fresque encore plus ambitieuse. Sachez en tout cas que j’essaierais de me procurer le plus rapidement possible la suite. Mais rassurez-vous, ce tome se suffit à lui-même. Ruez-vous chez votre libraire, car vous ne trouverez que très peu de livre à ce rapport qualité/prix, c’est quasiment imbattable.

Note : 8,5/10
Si vous aimez les parcours initiatiques avec de nombreuses péripéties, si vous aimez les légendes, si vous aimez le Japon, si vous aimez la baston, si vous aimez… A dévorer.


Aberdeen by Cage the Elephant on Grooveshark

mardi 5 février 2013

Le Dévoreur au di... au ciné #2 Lincoln



Comme souvent par chez moi, week-end rime souvent avec cinéma (sisi). Par contre, ça ne rime pas systématiquement avec bon film. Mais parfois, ça rime avec excellent film comme ce le fut ce samedi. Tout commença avec une envie subite de se rendre dans une salle obscure. Contact rapide avec un coupaing la veille et c’est décidé dans la foulée. Le choix s’est porté sur Lincoln, parce que les biopics, c’est sympa souvent (ex : La Dame de Fer, Le discours d’un Roi). Sauf qu’il y a un hic. On se pointe au ciné, et pouf, séance de 19h complète, et la séance suivante est à 22h. Bon, on ne se décourage pas, puis direction le  second cinéma de la ville. Ah ! Parfait, une séance à 20h. On prend nos billets et allons manger un bout (de la bonne gastronomie à base de steak et pain). Retour à la salle de ciné, et voilà qu’on atterrit dans une salle presque comble avant de se remplir définitivement cinq minutes après notre arrivée.

Passons. Le film commence par une image terrible de la guerre. Puis une deuxième séquence dérive sur notre principal protagoniste. Ce président mythique des Etats-Unis d’Amérique. Ce chef adulé. Lincoln. Et autant dire qu’on ne voit pas défiler les 2h30 de film, car cette adaptation par Spielberg du combat de Lincoln pour passer l’amendement contre l’esclavage est tout simplement superbe. On adopte certes un point de vue personnel, mais contrairement à la Dame de Fer, on entre plus à même dans les méandres politiques de ce combat. Entre grandes déclarations et répliques magistrales tenues par de très bons jeux d’acteurs, voici un excellentissime film. Surprise pour moi, bien que ce soit du Spielberg. En sortant de la salle, en plein milieu d’une discussion enthousiaste, voilà que l’on passe devant un abribus avec l’affiche du film. Douze nominations aux Oscars. On comprend mieux l’attente et la foule. Et désolé pour la longue digression sur ce périple, mais allez voir le dernier-né Spielberg, ça vaut le coup.

dimanche 3 février 2013

Kings of Shôgi, de Masaru Katori et Jirô Andô



Titre : Kings of Shôgi, The Flowers of Hard Blood
Série : Kings of Shôgi
Auteur : Masaru Katori et Jirô Andô
Editeur : Pika
Date de publication : entre 2011 et 2013
Couverture :
Nombre de tomes sortis : Série achevée en 8 tomes
Prix : 8,05 euros

Biographie auteur : (sources : bedetheque.com et manga-news.com)

Masaru Katori, de son vrai nom Naoko Hayashiba, joueuse professionnelle de shôgi à partir de 1980. En 1982, elle remporte la ligue féminine et conserve le titre de « reine » pendant dix ans. Elle est aussi l’auteur de nombreux romans et a publié jusqu’à présent plus d’une quarantaine d’œuvres. Kings of Shôgi est son premier manga en tant que scénariste. Les diagrammes des principales parties de shôgi qui apparaissent dans la série viennent de l’auteur elle-même.
Mangaka, illustrateur aussi connu sous le pseudo Jirô Aruma (pour des titres adultes). Disciple du mangaka Jirô Taniguchi. En 2004, la publication de la série Kings of Shôgi débute dans le magazine Afternoon. Il publie également dans la même revue Bushidô Sixteen, un manga sur le kendô. Adaptée en anime (en 2007) et même en jeu vidéo, Kings of Shôgi connaît un grand succès au Japon.

Synopsis : (source : manga-news.com)

Quand Shion n’avait que quatre ans, ses parents ont été sauvagement assassinés chez eux ! La fillette a été retrouvée au beau milieu du massacre, vivante mais traumatisée. Depuis, elle est muette ! La seule pièce à conviction laissée par le meurtrier est une pièce de Shôgi, le Roi.
Sept ans plus tard, Shion vit avec ses voisins qui l’ont adoptée. Son père adoptif, maître de Shôgi, a continué à lui inculquer les règles de ce jeu. Á seulement onze ans, la jeune fille souhaite devenir une professionnelle et enchaîne les parties !
Se souvient-elle encore du jour funeste où ses parents sont morts ? Cherche-t-elle inconsciemment l’assassin de sa famille dans l’univers des joueurs professionnels de Shôgi ?

Critique :

                Mi-janvier est sorti le volume conclusif d’une série manga très sympathique que j’ai découverte à sa sortie en 2011. Ce n’est pas la série du siècle, mais elle a le mérite de mélanger un genre et un thème, policier et sport (oui, je range le shôgi comme un sport, à l’instar des échecs chez nous), chose que je n’avais jamais vu dans un manga (ou dont je ne me souviens pas. 
Toujours dans les mangas de sport, j’aime découvrir la passion d’un auteur. Ici, c’est la scénariste qui est joueuse professionnelle. Beaucoup de monde en France connait le shôgi de nom, mais presque aucun ne sait y jouer. Donc je suis toujours curieux dans découvrir plus. Bon, le manga était classé dans une catégorie seinen du fait de son intrigue policière, on ne dispose pas comme souvent dans les shônen d’indications précises des règles à même l’histoire. Il faut suivre un petit peu les annexes en fin de volume plutôt. Bref, à première vue, c’est un poil plus complexe que les échecs, je trouve.
Concernant l’intrigue policière, où l’on suit une très jeune joueuse prodige au passé sombre, puisque ses parents ont été assassinés dans sa jeunesse et qu’à partir de ce jour, elle est devenue muette, le dénouement est assez attendu dans ce huitième et dernier tome, mais le mystère, et donc suspense, est très bien maintenant pendant les sept précédents volumes. Bon, ça tient en partie du fait que l’intrigue policière apparait comme une toile de fond du récit plutôt qu’en premier plan. Néanmoins, c’est plutôt bien mené.
La plus grosse faiblesse de l’œuvre que j’ai relevé se situe au niveau du dessin, avec des arrière-plans très pauvres (et non mal fait). Je trouve dommage de ne pas montrer quelques plans urbains plus riches que le faible nombre présent ici. Presque tout le temps, nous sommes en intérieur, avec beaucoup de lignes droites ou de fond vide. C’est encore plus dommage lorsque l’on voit le contraste avec les personnages qui ont un design certes classique mais très bien réalisé, avec une vraie maestra du dessinateur au niveau des expressions faciale, jouant merveilleusement bien sur les ombres ou les yeux.

Note : 7/10
Une intrigue policière sympa dans un cadre intéressant. A dévorer.


Shut Your Eyes by Snow Patrol on Grooveshark