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samedi 10 mai 2014

Morwenna, de Jo Walton

Titre : Morwenna
Auteur : Jo Walton
Editeur : Denoël

Date présente édition : avril 2014
Couverture :
Illustrateurs : Helen Rushbrook
Pages : 334 pages
Prix : 21,50 euros

Biographie auteur :

Née au pays de Galles, Jo Walton vit depuis 2002 au Canada avec son mari et son fils. Elle est l’auteure d’une dizaine de romans remarqués. Bien que son roman Tooth and Claw, inédit en français, ait reçu le World Fantasy Award en 2004, il lui a fallu attendra la parution de Morwenna pour rencontrer le succès qu’elle mérite.

Synopsis :

                Morwenna Phelps, qui préfère qu’on l’appelle Mori, est placée par son père dans l’école privée d’Arlinghurst, où elle se remet du terrible accident qui l’a laissée handicapée et l’a privée à jamais de sa sœur jumelle, Morganna. Là, Mori pourrait dépérir, mais elle découvre le pouvoir des livres de science-fiction. Delany, Zelazny, Le Guin et Silverberg peuplent ses journées, la passionnent.
                Un jour, elle reçoit par la poste une photo qui la bouleverse, où sa silhouette a été brûlée. Que peut faire une adolescente de seize ans quand son pire ennemi, potentiellement mortel, est une sorcière, sa propre mère qui plus est ? Elle peut chercher dans les livres le courage de combattre.

                Ode à la différence, journal intime d’une adolescente qui parle aux fées, Morwenna est aussi une plongée inquiétante dans le folklore gallois. Ce roman touchant et bouleversant a été récompensé par les deux plus grands prix littéraires de la science-fiction : me prix Hugo et le prix Nebula. Il a en outre reçu le British Fantasy Award.

Critique :

                Indéniablement, Morwenna est un livre différent. Un livre parlant de livres. Qui plus est de science-fiction (en général). En apprenant cela, les doutes sont légitimes. Mais en même temps, qui est mieux placé qu’un lecteur (de SF) pour comprendre l’amour des livres (de SF) ? Alors on positive, on admire un temps la très belle couverture de Denoël (et Helen Rushbrook), on se rassure en regardant les prix reçus par le bouquin, et on se lance.

                Et… l’immersion n’a pas été immédiate pour ma part. Un peu désorienté, à la recherche de repères. Car avant d’être un livre appartenant à la grande famille de l’Imaginaire, il s’agit plutôt d’une tranche de vie. Or, j’aime beaucoup les tranches de vie, mais plutôt sur d’autres supports, comme le cinéma et la BD qui, avec ce côté visuel, me transmettent en général plus d’émotions (sans que ce soit négatif, ni une généralité, j’ai seulement plus tendance à réfléchir sur une lecture qu’à m’émouvoir). Sur un support purement littéraire, j’ai généralement trop l’impression d’un décalage entre le texte que je lis et moi-même, chose que l’image permet de combler au moins partiellement la plupart du temps, si la qualité du jeu d’acteur ou du dessin est là (à mon avis). Durant un temps, j’ai eu ce sentiment d’incompatibilité de pathos entre moi et Morwenna. D’autant plus avec la forme du journal intime qui m’a mis devant un fait difficile à surmonter : mon empathie au monde et celle de la jeune galloise étaient radicalement différentes.

                Mais voilà, Morwenna est un livre qui sort de la norme, et qui pourrait être qualifié de hors-norme, je pense. Comme lorsqu’on rencontre une nouvelle personne, le lien se crée par tâtonnements. Au fil des pages, on commence à connaitre cette jeune fille rescapée. On intègre ses schémas mentaux, aidé au final par la forme du journal intime merveilleusement bien menée, tout en retenue. Après tout, on est derrière le masque de cette fille qui cherche à se protéger des autres du fait de cette différence aux multiples facettes. En plus de cela, le style de Jo Walton apporte beaucoup à la forme. Je parlais de retenue. Morwenna ne s’épanche pas sur sa vie avec un style larmoyant. Pour schématiser ma pensée, on pourrait dire que Jo Walton a opté pour un texte qualitatif sur toute la longueur avec un petit démarrage diesel plutôt qu’un texte efficace dès le début (par le registre de la pitié par exemple) avant de dégonfler sur la durée. Bref, Morwenna ne s’apitoie pas sur elle-même, et nous ne le faisons pas non plus. On suit son regard et ses pensées, puis on interprète.

C’est là où Jo Walton est très forte. Elle ne nous force pas à éprouver de l’empathie par un procédé direct, mais elle nous y incite par des chemins détournés, par cette vision différente du monde, celle d’une jeune fille de quinze ans qui se construit sur un traumatisme, et cela par le biais des livres de SF (pour le côté tranche de vie) et des fées qu’elle voit et la magie (pour l’aspect fantastique du livre). C’est par l’une de ces scènes fantastique que je suis entré de plain-pied dans cette aventure humaine (première rencontre avec Glorfindel, scène éblouissante pour moi). Car il y a des scènes saisissantes, comme il y a aussi au détour de chaque page de petites phrases pleines de finesse qui font toute la subtilité de ce livre. J’ai été happé par la sensibilité de ce livre.

J’en reviens, pour finir, à ma crainte du « livre qui parle des livres », avec cette peur d’un aspect fastidieux de l’énumération. Au final, pas du tout. Ou plutôt, j’ai trouvé cette redondance à en être un peu blasé, mais pas là où je le pensais. C’est l’énumération généalogique du début du livre qui a sûrement participé au fait de ne pas accrocher directement à l’histoire. Tante machin, tante par-ci, etc. Mais le préjudice est faible, en comparaison de la qualité du texte. En ce qui concerne les livres, oui, il y a ce côté égrainage, mais pas de façon fastidieuse car d’une part, il y a de l’enthousiasme souvent qui accompagne chaque titre donné, mais en plus, il y a des réflexions de lecture dessus. Rien n’est stérile dans Morwenna, dans la forme comme dans le fond.

Appréciation : Un livre sans tabou, touchant, « ode à la différence » pour reprendre la quatrième de couverture. Une lecture très rafraichissante, et surtout fantastique, dans tous les sens du terme. Pas d'appréhension à avoir, foncez !
Le jeu des comparaisons : Néant, incomparable.

mardi 6 mai 2014

Légion, de Brandon Sanderson

Titre : Légion
Auteur : Brandon Sanderson
Editeur : Le Livre de Poche

Date présente édition : mars 2014
Couverture :
Illustrateurs : Jon Foster
Pages : 95 pages
Prix : 5,10 euros

Biographie auteur :

Brandon Sanderson est un auteur américain de fantasy. Il est diplômé de la Brigham Young University.
On lui doit, entre-autre, la série des Alcatraz, romans jeunesses qui ont été vendus dans de nombreux pays et ont vus leurs droits d'animation achetés par Dreamworks. Sa trilogie Fils-des-brumes a également connu un succès retentissant, de même que Elantris (publié dans un premier temps en France en deux volumes intitulés Chute et Rédemption).
Brandon Sanderson s'est également vu confier la tâche de finir la série La Roue du Temps que Robert Jordan ne put terminer avant de nous quitter en 2007 finissant ainsi l'un des plus grands classiques de la fantasy.

Synopsis :

Mon nom est Légion, parce que nous sommes nombreux. Ainsi parle le démon dans l’Évangile de Marc.
Le héros de cette nouvelle, Stephen Leeds, surnommé Légion, est un être multiple : très intelligent, il peut apprendre n’importe quoi en très peu de temps, mais extériorise tous ses savoirs sous forme d’hallucinations, qui sont autant d’aspects de lui-même. Il vit reclus dans une grande maison, entouré de ces nombreuses entités hallucinatoires, toutes dotées de compétences hautement spécialisées. Il est riche, car il loue ses services à qui peut se les payer. Un jour, il est engagé pour enquêter sur la disparition d’un scientifique, inventeur d’un objet très particulier : un appareil photo capable de prendre des photos du passé… Ce court texte, l’un des préférés de son auteur, aborde des questions complexes et fascinantes, telles que la nature du temps, les mystères de l’esprit humain, le potentiel de la technologie...

Dans cette histoire, Sanderson aborde un formidable assortiment de questions complexes : la nature du temps, les mystères de l'esprit humain, le potentiel de la technologie, et la volatile connexion entre la politique et la foi. Résonant, intelligent et très prenant, Légion est le divertissement provocateur d'un écrivain d'une grande originalité.

Critique :

                Légion est un texte de pur divertissement. Paf, c’est dit. Environ 90 pages de lecture et aucun temps mort me permettent de l’affirmer, l’auteur s’est fait plaisir dans l’écriture, et cette histoire est son terrain de jeu. Mais pour le coup, il s’agit d’un texte mineur de Brandon Sanderson. Car jamais (ou bien je serais très surpris) vous ne monterez au septième ciel – et même seulement au plafond – avec Légion.

                Pour autant, je ne dirais pas que c’est un mauvais texte, au contraire. C’est bien maitrisé, plutôt fluide et parsemé de scène quelque peu cocasses grâce à des personnages très sympathiques. C’est même peut-être trop bien maitrisé, j’ai eu peu de surprise. Malgré tout, l’enquête est distrayante. J’aime bien l’idée de l’appareil photo qui prend des photographies du passé. Le fait de basculer dans une certaine problématique religieuse donne un peu d’enjeu à l’histoire, sans l’élever au firmament.

Appréciation : Une novella à prendre telle quelle, un bon moment de divertissement, agréable et sans prétention.
Le jeu des comparaisons : Hum, difficile de trouver une comparaison. J’aurais bien dis qu’il y a un peu de Sherlock Holmes dans le personnage de Stephen Leeds, aidé de beaucoup de docteurs Watson, car ils sont Légion.

lundi 24 mars 2014

Louisiana Breakdown, de Lucius Shepard

Titre : Louisiana Breakdown
Auteur : Lucius Shepard
Editeur : J’ai lu

Date présente édition : octobre 2009
Couverture :
Illustrateur : Diego Tripodi
Pages : 190 pages
Prix : 5,60 euros

Biographie auteur :

Lucius Shepard, né le 21 août 1947 à Lynchburg (Virginie), est un écrivain américain de science-fiction.
Né dans une famille bourgeoise, Lucius Shepard quitte les États-Unis à l'âge de quinze ans pour mener une vie de bourlingueur. Il gagne l'Irlande en cargo puis visite l'Europe, l'Afrique du nord et enfin l'Asie. Vivant d'expédients, il travaille dans une usine de cigarettes en Allemagne, est vendeur à la sauvette sur les marchés du Caire puis videur dans une boite de nuit en Espagne. Au bout de quelques années, il revient aux États-Unis dans le but de poursuivre quelques études à l'université de Caroline du Nord.
Il rencontre sa femme, Joy Wolf, avec qui il aura un fils, Gullivar, qui deviendra architecte à New-york. Mais il repart bientôt à destination des pays du Sud-Est Asiatique et de l'Amérique centrale, en particulier au Honduras.
Dans les années 1980, après un bref passage dans les ateliers d'écriture Clarion, il commence à écrire et publie bientôt sa première nouvelle, Green Eyes, en 1984. Parallèlement, il exerce de 1982 à 1984 le métier de reporter free-lance et couvre notamment le conflit du Salvador. Son premier roman, Les yeux électriques, parait en 1984 suivi en 1987 par La vie en temps de guerre.
Devenu plus discret dans les années 1990, Lucius Shepard s'était remis à l'écriture et publiait de nouveau depuis l'année 2000, avant de décéder ce 20 mars 2014.

Synopsis :

C'est bien connu, les bluesmen n'ont que des emmerdes, et Jack Mustaine ne déroge pas à la règle. Peu avant d'arriver à La Nouvelle-Orléans, où il était censé se produire, sa décapotable vintage tombe en rade dans un trou paumé au milieu du grand nulle part moite de la Louisiane. Un endroit qui porte néanmoins un nom : Graal, où la vie s'écoule lentement, chargée d'une magie immémoriale. Sur fond de slide guitar, Jack rencontre des personnages étranges, tombe amoureux, s'enfonce toujours plus loin dans d'insondables mystères. Quelle vérité se cache au coeur des bayous ? Écoutez la légende de Jack Mustaine et vous le saurez... peut-être.

Souvent comparé à Ernest Hemingway ou à Gabriel Garcia Marquez pour la fluidité de son style et la richesse de ses univers, Shepard fait partie de ces écrivains majeurs qui échouent à toute tentative de classification. Il est l’auteur de quinze romans (Louisiana Breakdown, L’aube écarlate) et d’autant de recueils de nouvelles (Petite musique de nuit, Le chasseur de jaguar) qui lui ont valu pléthore de prix littéraires (Hugo, Nebula, World Fantasy, Grand Prix de l’Imaginaire).

Critique :

                Voici il y a quelques jours, Lucius Shepard décédait, une petite pensée pour lui. Quelques jours supplémentaires en amont dans le temps, je lisais justement mon premier Lucius Shepard. Etrangement, j’étais plus attiré par Le Dragon Griaule qui traîne dans mes étagères, mais l’épaisseur du livre ont fait que j’ai plutôt opté d’emmener Louisiana Breakdown en vacances. Et la conclusion, c’est qu’il va falloir me pencher sur le premier nommé assez rapidement, car le second fut une lecture qui ne laisse pas indifférente. Et surtout, qui m’ouvre à de nouveaux horizons littéraires, n’étant pas vraiment axé sur ce genre de lecture.

                En effet, Louisiania Breakdown est une œuvre difficile à classer, un road trip interrompu par une parenthèse fantastique où une chape de plomb pèse sur les épaules de Jack Mustaine, de passage dans ce coin en-dehors de tour : Graal. Malgré un amour qui se dessine, ce malaise persiste dans ce lieu aux us et coutumes folkloriques, chacun croyant en la magie (vaudou ?) et les arts divinatoires.

                Plus que l’histoire, que j’ai trouvé sympa, mais sans plus, c’est surtout la qualité d’écriture de Lucius Shepard. Je le classe probablement dans mon top cinq des plus belles plumes que j’ai lu, si ça peut être significatif. On ressent l’oppression du héros, l’atmosphère de la ville. Lucius Shepard ne fait pas étalage d’un vocabulaire incompréhensible, mais il utilise le mot juste au bon endroit. Le quotidien devient important, les longueurs n’existent pas. Il tisse ses phrases pour que jamais on ne se perde. On pourrait parler d’un architecte de la plume. Le résultat est probant ; je n’ai pas décroché du bouquin.

Appréciation : Pas forcément le genre d’histoire que je préfère, et pourtant, une ambiance et un style si particuliers font de Louisiana Breakdown un livre à lire, de préférence dans les plus brefs délais.
 

mercredi 5 février 2014

Le Fléau, de Stephen King

Titre : Le Fléau (The Stand)
Auteur : Stephen King
Editeur : Le Fléau

Date de publication : 1990 (réédition)
Couverture :

Nombre de tomes sorti : 3
Illustrateur : Matthieu Blanchin
Pages : 572 pages
Prix : 8,00 euros par volume

Biographie auteur : (source : babelio.com)

Stephen Edwin King, plus connu sous le nom de Stephen King, est un écrivain américain né le 21 septembre 1947 à Portland, dans le Maine (États-Unis).
Très prolifique et souvent transposé sur le grand et le petit écran, Stephen King a écrit plus de 50 romans dans la thématique horreur et fantastique, plus de 100 nouvelles, et plus de 400 essais. Ses romans les plus connus sont Carrie, Shining ou encore Ça.
Il reçoit en 2003 la médaille de la National Book Foundation pour sa remarquable contribution à la littérature américaine et, en 2007, l'association des auteurs de romans policiers américains Mystery Writers of America lui décerne le titre de « grand master ».
Ses derniers romans en date sont 22/11/63, autour de l'assassinat de John Fitzgerald Kennedy mais toujours mâtiné de surnaturel, Joyland autour d'un tueur en série sévissant dans les parcs d'attractions, et Docteur Sleep, suite tant attendue de Shining.

Synopsis :

On avait cru d’abord à une banale épidémie de grippe. Mais quand les cadavres se comptèrent par milliers, quand les villes se transformèrent en charniers infâmes, il fallut bien se rendre à l’évidence : le Fléau n’épargnerait personne.
Hagards, terrorisés, les rares survivants tentent de se regrouper. Tout est horrible, désorganisé. Partout le danger rode.
Un même cauchemar les obsède : un « homme sans visage » marche vers eux, un homme maudit aux pouvoirs machiavéliques. Ses intentions sont claires : imposer sa propre loi, fondée sur la malfaisance, la cruauté et la haine.
Et si cette vision angoissante devenait réalité ?

Critique :

On parle beaucoup de Stephen King et il a reçu (et reçoit encore) de nombreuses éloges, mais j’ai pour ma part été assez déçu par ce roman. Avant de rentrer plus dans le détail, je souhaite juste vous dire que l’édition proposée ici n’existe plus vraiment, j’ai en tout cas eu du mal à la retrouver. Elle regroupe les trois tomes en un, ce qui est plutôt génial, ça permet de continuer la lecture sans s’interrompre !

Alors oui, déception face à Le Fléau, mais il faut savoir prendre en compte le facteur temporel aussi. Le livre date de 1990 suite à une réédition effectuée par l’auteur afin d’ajouter des scènes auparavant supprimées par l’éditeur. Cette époque est différente de l’actuelle et les mentalités ne sont pas tout à fait les mêmes. Si l’on attendait quoique ce soit d’original de la part de Stephen King, on trouve ici un sujet déjà beaucoup travaillé, le post-apocalyptique.

Il est naturel que ce livre ait su épater les cœurs de son époque, il s’attaquait à un genre encore peu récurrent, et proposait donc des idées nouvelles. Aujourd’hui, notamment après avoir vu la série The Walking Dead, on sait dorénavant plus ou moins comment cela va se passer. Je ne dis pas que l’un est calqué sur l’autre, ce serait faux de l’affirmer.

On retrouve néanmoins quelques points communs, et ceux qui divergent nous attristent car ils ne font que ressortir  l’hégémonie américaine dans toute sa splendeur. Une happy-end assez invraisemblable, burlesque, une dose de surnaturel afin d’expliquer rapidement des phénomènes compliqués, un fond religieux important… Tout ce qui m’a déplu personnellement.

Il y a de l’action, et c’est ce qui nous entraîne dans une lecture rapide, agréable, par moment quelque peu insipide. En terme d’horreur et d’épouvante, Stephen King a fait mieux, sachez-le ! Mais son style d’écriture, assez basique et compréhensible, adopte de nouveaux points de vue intéressants qui laissent tout de même un goût d’innovation dans la bouche du lecteur. De même, une dose d’effroi est toujours appréciable, et c’est ce qui fait de cette lecture un bon divertissement ! Il ne faut pas trop en attendre, mais si vous ne savez pas quoi lire, et que vous souhaitez renouer avec quelques sensations fortes, laissez-vous tenter !
 


Note : 6,5/10
À dévorer en période de vacances !

Signé : Eäron Valil


lundi 27 janvier 2014

Petite discussion avec une momie, d'Edgar Allan Poe

Titre : Petite discussion avec une momie
Auteur : Edgar Allan Poe
Editeur : Folio

Date présente édition : 2007
Couverture :
Photo : Glowimages / Getty Images
Pages : 112 pages
Prix : 2,00 euros

Biographie auteur :

Edgar Allan Poe naît dans le Massachusetts en 1809. Il passe une enfance tumultueuse marquée par la disparition de ses parents. Il est adopté par un négociant de Richmond puis reçoit une éducation britannique dès 1815. Après une brève tentative pour rejoindre l'armée, il décide de se consacrer à l'écriture. Ses premiers poèmes ne remportant pas de succès particulier, il s'installe chez une tante, à Baltimore, dont il épouse la fille. Il occupe alors un poste de critique littéraire et commence à boire. Il publie en 1838 les Aventures d'Arthur Gordon Pym et les Histoires extraordinaires en 1839, considérées comme le succès de son œuvre. Il rencontre de grandes difficultés pour s'intégrer en tant qu'écrivain à New York. Il publie toutefois le Corbeau (1845), poème le plus marquant de sa carrière. La mort de sa femme, en 1847, le plonge encore davantage dans l'alcoolisme, qui finira par le tuer en 1849. Ses œuvres, traduites en France par Baudelaire, remportent un succès retentissant dans le pays et en influencent grandement la littérature.

Synopsis :

Une momie qui s'anime pour discuter avec les scientifiques qui l'ont découverte, un prisonnier qui hésite entre deux morts affreuses, une femme enterrée vivante… Entre satire, rire grotesque et folie, Edgar Poe nous entraîne au cœur de ses peurs sublimées par la traduction du poète Charles Baudelaire.
Trois histoires extraordinaires à vous glacer le sang !

Critique :

                Aussi étrange que cela puisse paraître, jamais n’avais-je lu d’Edgar Allan Poe. C’est désormais chose faite, et je n’éprouve aucun soulagement particulier. Bon, en même temps, personne ne m’avait mis le couteau sous la gorge pour en lire. Mais en navigant dans la bibliothèque familiale, je suis tombé par hasard sur ce petit recueil de trois nouvelles. Et hop ! Tête de liste de la pile à lire, afin de légèrement combler le trou abyssal de mon érudition superficielle. Le portrait n’est pas flatteur, mais il faut dégonfler un peu la tête, après trois victoires d’affilées sur QPUC Online (et ouais).

                Tout commence avec la nouvelle dont le recueil tire le titre éponyme, Petite discussion avec une momie. Et ce fut le coup de foudre. Ce texte éclaire le recueil, ou plutôt fait de l’ombre à ses deux compères tellement j’ai trouvé ça génialissime. Alors que l’on est dans une petite réunion savante, entre gens de bonne société, la momie qu’ils étudient avec des manipulations fortes désobligeantes se réveille et exprime son mécontentement dans un premier temps. Cela donne lieu à une conversation surréaliste. Cette nouvelle est un bijou de satire, avec une chute qui ne s’en cache pas, délicieuse de cynisme.

                Je ne développerais pas autant les deux textes suivants, Le Puit et le Pendule ainsi que Le Roi Peste, car moins marquant à mon avis, et surtout moins accessibles j’ai trouvé. Je pense par exemple ne pas avoir saisi le véritable sens de la dernière, finement sous-titrée Histoire contenant une allégorie, et qui doit probablement nécessiter un esprit un peu plus d’époque. A moins que je n’ai pas la bonne clef pour décrypter entre les lignes. Mais l’esprit tourmenté d’Edgar Allan Poe est bien présent. La traduction de Charles Baudelaire est aussi particulièrement soignée. Il s’agit d’une bonne porte d’entrée dans l’univers d’Edgar Allan Poe, je conseille.

Note : 7/10
A découvrir pour seulement deux euros !

mercredi 15 janvier 2014

Les Montagnes hallucinées, de H.P. Lovecraft

Titre : Les Montagnes hallucinées
Suivi de : Dans l’abime du temps
Auteur : H. P. Lovecraft
Editeur : J’ai lu
Date présente édition : 1996
Couverture :
Illustrateur : Richard Guérineau
Pages : 156 et 98 pages
Prix : 3,80 euros

Biographie auteur :

Reclus, malade, misanthrope et éminemment matérialiste, il transfigura sa haine de la modernité en une œuvre placée sous le signe de la peur, dans laquelle l’homme se voit confronté à un panthéon de dieux venus des immensités cosmiques pour asservir notre planète. Il est aujourd’hui considéré comme le plus grand écrivain fantastique américain du XXème siècle.

Synopsis :

Au cours d'une expédition en Antarctique, deux scientifiques mettent au jour, derrière une chaîne de montagnes en apparence infranchissable, les vestiges d'une ancienne cité aux proportions gigantesques.
Pendant cinq ans, un vénérable professeur d'université devient la proie d'étranges visions. Cherchant à comprendre ce qui l'a «possédé», il découvre en Australie des ruines plus qu'antédiluviennes cachées au regard des hommes. En visitant les dédales et recoins de ces lieux maudits, tous vont observer des fresques évoquant l'arrivée sur Terre d'entités d'outre-espace. Et constater que la menace de les voir reprendre le contrôle de la planète existe toujours...

Critique :

                Il est des auteurs que l’on souhaiterait ne jamais lire, histoire d’entretenir un tant soit peu le mythe (de Cthulu ! *joke*). La façade n’aura pas tenue très longtemps de mon côté tellement partais-je avec quelques – euphémisme, quand tu nous tiens – a priori négatifs. Les raisons de ceux-ci ? Une production dérivée ou inspirée de l’œuvre lovecraftienne qui me désespérait au plus haut point pour différentes raisons plus ou moins subjectives.
               
Mais je crois que le problème le plus profond à ce rejet violent de ma part est tout simplement une affaire de goûts personnels. L’occultisme, les monstres, toussah-toussah, très peu pour moi (en général). Pourtant, Les Montagnes hallucinées n’en fait pas usage excessif. Tout simplement, je n’ai pas aimé l’histoire en elle-même, l’ambiance dégagée, les personnages, ce qui est suggéré, etc.

Néanmoins, je dois tenter de justifier cette non-adhésion. Il ne faudrait pas que je sois submergé par la simple subjectivité, armure très insuffisante face aux fans. Tout d’abord, Lovecraft ne sublime pas l’art de l’écriture, dans le sens qu’il n’était point un grand esthète. Certes, je ne pense pas être un modèle du genre, mais le style, entre lourdes et longues descriptions, en plus de tournures savantes me fut assez pénible. Difficile d’apprécier un univers et son histoire lorsqu’on relit trois fois la même phrase, ou même un chapitre entier pour être certains de ne pas perdre le fil du récit. Le texte est court, la lecture est longue.

Enfin, je reprends l’argument du « savant », exprimé par des tournures alambiquées et riches en vocabulaire inconnu pour les non-initiés. Plutôt qu’un écrivain, il faudrait présenter Lovecraft comme un érudit qui a su se réapproprier une mythologie avec des bonnes idées. L’aspect archéo-anthropologique pondère trop le récit. C’est là ma plus grande déception. J’attendais un maitre de l’angoisse, de l’ambiance suffocante, du suspense intolérable. Rien de tout cela, aucune sensation à la lecture, le néant. Si, le sentiment d’une incroyable corvée. J’ai réussi à achever Les Montagnes hallucinées, je ne pousserais pas jusqu’à lire Dans l’abime du temps.

Note : 4/10
Lovecraft, un érudit angoissé avant d’être un romancier. Attention à la désillusion (je mets un 4 dans un immense effort, histoire de ne pas m’attirer plus encore les foudres des fans de l’auteur :D).

lundi 24 juin 2013

Terres Perdues, de Stephen King

Titre : Terres Perdues
Série : La Tour Sombre
Auteur : Stephen King
Editeur : J’ai lu
Date de publication : 2006
Couverture :
Nombre de tomes sorti : 7
Illustrateur : Grégoire Hénon
Pages : 522
Prix : 8,10€

Biographie auteur :

Stephen King est l’auteur de plus de cinquante livres, tous best-sellers d’entre eux à travers le monde. Parmi ses plus récentes sont les romans La Tour Sombre, Cell, Du Hearts Buick 8, Everything’s Eventual, en Atlantide, La Petite Fille qui aimait Tom Gordon, et Sac d’os. Son livre documentaire acclamé, sur l’écriture, a également été un best-seller. Il est le récipiendaire de la Médaille nationale de 2003 Réservez Fondation pour contribution exceptionnelle aux lettres américaines. Il vit à Bangor, Maine, avec son épouse, la romancière Tabitha King.

Synopsis : (source : babelio.com)

« Dis-lui de prendre la clé ! La clé fait disparaître les voix ! »
À un monde de distance, Roland de Gilead et Jake Chambers, l'enfant qu'il a sacrifié pour rejoindre l'homme en noir puis sauvé des griffes de Jack Mort, sont en proie à la même folie, déchirés par des voix issues de deux réalités contradictoires.
Une seule solution : ouvrir une porte entre les mondes pour que Jake rejoigne Roland et ses compagnons, Eddie et Susannah, dans leur quête de la Tour sombre.
Mais comment y parvenir alors qu'Eddie, le seul parmi eux capable de façonner la clé, est en butte à ses propres déchirements intérieurs ?
Et même si le Tirage réussit, le sentier du Rayon est encore long, la Tour encore loin...

Critique :

Blaine le mono vous fera découvrir le plaisir de la lecture ! Sachez-le tout de suite, pour le moment, c’est LE meilleur livre de la série de Stephen King sur les trois premiers. Le Pistolero n’est qu’une mise en bouche, face aux Trois Cartes, mais ce dernier ne reste lui-même encore qu’un apéritif comparé à la suite.

Sincèrement, je prends  un plaisir fou à lire Stephen King. L’auteur fait preuve d’une telle créativité, d’une telle ouverture d’esprit, d’un tel imaginaire qu’on se sent tout à coup risible à côté de cela. On suit chaque pas du groupe mené par Roland de Gilead, et les péripéties en vue de la quête de la Tour Sombre.

Ces dernières sont d’ailleurs probablement plus intéressantes que la quête elle-même. En tout cas, on en vient véritablement à se demander ce qu’est cette fameuse Tour Sombre. On se rapproche inlassablement du but, et pourtant on en est toujours loin, c’est tout du moins l’impression véhiculée par ce troisième chef d’œuvre. L’auteur laisse trépigner son lecteur d’impatience, tout en lui fournissant, de manière totalement aléatoire et vicieuse, de petits indices tout du long de la route.

On suit attentivement Jake, garçon déjà mort et pourtant encore en vie et sa progression dans son monde à lui. King nous fournit, non seulement à nous, mais aussi à Jake, ou encore à Eddie, une clé de l’énigme et prend d’ailleurs par la suite un malin plaisir à nous faire redécouvrir les devinettes.

Personnellement, j’adore la façon dont l’auteur nous fait poser un regard différent sur toutes choses évoquées dans son bouquin. Il nous apprend à imaginer, à façonner dans notre esprit un cinéma intérieur qu’on ne peut s’empêcher de construire par nous-mêmes, au fil de la lecture.

Pour moi, il est probablement mon auteur préféré jusqu’à maintenant. Il se joue de nous, et dans le même temps, autant que cela puisse paraître absurde, il joue avec nous, nous enseigne des leçons. À chaque pas, on ne peut s’empêcher d’aller plus loin, toujours plus loin, de découvrir encore moultes et moultes traces de l’imaginaire gigantisme dont semble être doté Stephen King.

Note : 10/10
À dévorer sans retenue, encore et encore, même après l’avoir déjà lu, on ne peut s’empêcher de le feuilleter.

Signé : Eäron Valil

New Orleans by Naxxos on Grooveshark